Une berceuse (2)

Ça grandit si vite. Bientôt quatre ans! Une chose ne change pas : la chanson du soir est un rituel fondamental auquel PetitRenard tient plus que tout. Moi qui ne suis pas une experte en berceuses, je possède toutefois une culture musicale assez vaste que j’ai choisi d’explorer avec fiston à cette heure magique où, malgré la fatigue, il fait preuve d’une grande réceptivité. Si des chansons préférées sont réclamées chaque soir, d’autres reviennent souvent. On ne peut toutefois pas esquiver la demande incessante de nouveauté.

Parmi la masse de nouveaux titres proposés, seulement quelques-uns se fraient un chemin dans le coeur du PetitRenard pour s’y tailler une place d’où l’on ne pourra jamais le déloger — la place convoitée de berceuse chantée par maman ou papa. Parce que, oh oui, papa pratique la même technique que maman et participe à cette magie en y ajoutant son propre répertoire.

Mon plus récent ajout est survenu par hasard, un soir, alors que PetitRenard refusait systématiquement toutes les chansons proposées de la liste de lecture habituelle. Il faut dire que cette liste n’était alors pas très longue, mais bon. J’ai tout à coup eu un flash : ma mère qui me chante cette chanson, assise à côté de moi dans mon lit de princesse avec ses fioritures en métal blanc, mon lapin musical dans les bras. Sans même y penser, je me suis mise à répéter l’histoire apprise par coeur à mon insu, portée par une énergie inattendue émergeant justement de là. De mon coeur.

C’est un sentiment étrange, à la fois déstabilisant et franchement rassurant, que de reproduire instinctivement un geste apprit. Prendre conscience de « reproduire instinctivement un geste appris » est étrange et l’objectiver nous fait plonger dans notre propre enfance, à la recherche de souvenirs, des repères qui expliqueraient nos propres comportements, et pas seulement parentaux. J’ai l’énorme privilège d’avoir des parents grâce auxquels j’ai développé la  apacité de réaliser cet exercice d’introspection. Prendre conscience d’être en train d’allumer une étoile dans le coeur de son enfant, une flamme qui brillera toute sa vie, parfois même à sa propre surprise, est aussi un privilège aux lourdes responsabilités dont toute la magie ne cesse de m’émouvoir.

J’allume une étoile

La souris verte (Louisette Dussault)

J’allume une étoile au pied de mon lit
et je fais des ombres sur le mur fleuri.

J’étire mes jambes jusqu’au plafonnier
et je bouge, bouge les doigts de mes pieds

Mes deux mains dessinent de gros animaux
sur ma courtepointe et sur mon bureau.

Si un rêve passe en pantoufles bleues
J’éteins mon étoile et je ferme les yeux.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=JadNcaZJqmA?rel=0&showinfo=0]

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