Une berceuse (3) : Pour un instant

Les souvenirs Facebook m’ont gentiment rappelé un des plus beaux jours de ma vie cette semaine : ma rencontre avec Serge Fiori, à l’occasion d’une séance de dédicaces de sa biographie « Serge Fiori : S’enlever du chemin » par Louise Thériault. Je me suis évidemment fait plaisir en rejouant tous les albums, profitant particulièrement du son magnétique et de la jouissance auditive hypnotisante de l’écoute des disques vinyle. J’ai aussi rejoué la rencontre dans mon esprit : comment oublier que, ô combien intimidée par le géant, mon cœur battant la chamade m’a fait débouler sur mes mots; comment, ô combien gênée face à un pilier de mon identité et de celle de mon peuple, je me suis mal exprimée alors que j’avais tant répété ce que je voulais partager…

Harmonium a bercé mon enfance et façonné mon adolescence, construisant l’adulte que je suis devenue. Le message, sa portée, sa spiritualité, sa profondeur; la musique, en paliers, en itérations, en vagues riches à la fois douces et puissantes; la langue, la magie des mots qui se déploient en images et dansent en jeux de langage; l’expérience transcendante grâce à laquelle l’esprit s’élève au-delà de la cinquième saison et du septième ciel, le mantra libérateur qui vibre au son du om universel; l’histoire, les histoires, le tournant historique et son contexte politique : tout est parfait dans cette œuvre. Tout. Parfait, absolu, achevé, complet. Et puis cette voix; si le cristal pouvait chanter, c’est la robe de bal qu’il revêtirait, blanche comme l’éternité. Pour vivre un grand moment de paix intérieure, à la fois bouleversant et apaisant, enfilez un casque d’écoute, asseyez-vous confortablement, montez le volume puis fermez les yeux pour vous laisser transporter par la voix de Fiori sur Lumière de vie ou Comme un sage, pure et vraie.

Au premier jet, j’avais écrit « et fermez les yeux pour vous laisser bercer par la voix de Fiori », comme elle a bercé mon enfance, comme la chanson berce mon fils par l’entremise de ma voix chaque soir. En fait, les deux verbes s’appliquent; les deux émotions si proches se chevauchent, se complètent, se fondent l’une dans l’autre pour n’en former plus qu’une : le bien-être. Celui qu’on ressent et celui qu’on souhaite offrir, cherchant toujours à le préserver et à le faire grandir. De la même manière, la musique et les paroles d’Harmonium touchent au plus profond de nous, individus et collectivité, une corde sensible et intégrale : notre humanité.

C’est spontanément que je me suis mise à chanter Pour un instant à mon PetitRenard à l’aube de sa première année, par une nuit noire de pleurs inconsolables. La chanson est montée de mes tripes, a émergé d’elle-même du plus profond de moi-même, comme s’il était écrit que cet instant se produirait, comme si toute ma vie m’y avait conduit. En l’espace de quelques secondes, l’enfant s’est apaisé.  J’offrais à ma progéniture un instant de paix qui m’envahissait aussi. Surprise et émue, fière mais humble, la mère a pleuré sans retenue, serrant contre elle le fruit de ses entrailles, pour un instant.

Il n’a cessé de réclamer Pour un instant depuis, se délectant chaque fois d’un secret partagé avec sa mère le temps d’une chanson, pour déposer son corps et son esprit dans son lit en préparation de la léthargie. Et puis le soir où, lové contre moi dans la chaise berçante, sans avertissement, le PetitRenard a entonné la berceuse avec moi; le jour où il m’a hurlé de monter le son en reconnaissant à la radio les premières notes de cri de liberté; la fois où j’ai dû rebrousser chemin pour aller chercher le CD à la maison avant un road trip pour faire cesser les cris de protestation.

Comme l’ensemble de l’œuvre d’Harmonium (et plus généralement de Fiori) qui voyage sur une longueur d’onde singulière et inimitable, Pour un instant est une méditation, un message politique, une philosophie de vie; une ode à l’acceptation de soi. L’aviez-vous déjà perçue comme ça? J’aime l’idée que les enfants en saisiront tous les sens à différentes étapes de leurs vies. Alors voici, une berceuse pour le cœur, une berceuse pour l’esprit, un objectif de vie.

Pour un instant

paroles de Serge Fiori, Michel Normandeau
musique de Michel Normandeau

Pour un instant, j’ai oublié mon nom
Ça m’a permis enfin d’écrire cette chanson

Pour un instant, j’ai retourné mon miroir
Ça m’a permis enfin de mieux me voir

Sans m’arrêter, j’ai foncé dans le noir
Pris comme un loup qui n’a plus d’espoir

J’ai perdu mon temps à gagner du temps
J’ai besoin de me trouver une histoire à me conter

Pour un instant, j’ai respiré très fort
Ça m’a permis de visiter mon corps

Des inconnus vivent en roi chez moi
Moi qui avais accepté leurs lois

J’ai perdu mon temps à gagner du temps
J’ai besoin de me trouver une histoire à me conter

Pour un instant, j’ai oublié mon nom
Ça m’a permis enfin d’écrire cette chanson

 

Pour les curieux, voyez ce sourire de fan finie complètement comblée!

 

 

Source de l’image : Briony Marshall, sculpteure

Quatre ans

Mon PetitRenard a eu quatre ans la semaine passée! 4 ans…

48 mois.
208,7 semaines.
1461 jours.
35 064 heures, ou environ 1000 semaines de travail!
2 103 840 minutes.
126 230 400 secondes.

Ça dépasse l’entendement.

Depuis la moitié de sa vie, on ne compte presque plus son âge en mois – 24 mois. Et définitivement plus à compter de 36 mois. Dans notre cas, c’est allé avec la taille des vêtements et ça fait déjà longtemps qu’on porte des tailles en « ans ». Mais je ne serais pas prête à en arriver à 5 ans malgré cela! Chaque chose en son temps. (Ah, comme on y revient. Inlassablement.)

Pour le moment, le jalon que nous vivons m’émeut et me rend fière. Ce n’est pas seulement l’anniversaire de la naissance de notre PetitRenard; c’est aussi celui de ma parentalité et de celle de Chéri; c’est derechef celui de notre nouvelle vie ainsi que celui de la fondation de notre famille. C’est ça, la marque de l’aîné? Lire la suite

Une berceuse (2) : J’allume une étoile

Ça grandit si vite. Bientôt quatre ans! Une chose ne change pas : la chanson du soir est un rituel fondamental auquel PetitRenard tient plus que tout. Moi qui ne suis pas une experte en berceuses, je possède toutefois une culture musicale assez vaste que j’ai choisi d’explorer avec fiston à cette heure magique où, malgré la fatigue, il fait preuve d’une grande réceptivité. Si des chansons préférées sont réclamées chaque soir, d’autres reviennent souvent. On ne peut toutefois pas esquiver la demande incessante de nouveauté. Lire la suite

C’est tellement difficile

C’est tellement difficile de réussir à tout faire. J’ai l’impression de faire les choses à moitié ces temps-ci, de ne pas accomplir ce que j’entreprends à la hauteur de mes attentes. Suis-je trop dure avec moi-même, trop exigeante?

Une liste de défis, voire d’épreuves, pas en ordre de priorité ni de causalité, dans aucun ordre particulier. Lire la suite

Mêlez-vous de vos affaires!

Mêlez-vous de vos affaires!

« Please don’t help my kids » est un article provocateur au titre choc qui fait jaser depuis près d’un an – et qui n’a pas fini de faire jaser. Son message? Avis à tous les parents qui pensent intervenir auprès de mon enfant, derechef en ma présence: « Mêlez-vous de vos affaires! »

Please don’t help my kids.

L’auteur dit « please don’t help my kids » à la suite d’une intervention non sollicitée de parents auprès de son enfant au parc. Les mots magiques: intervention non sollicité. Un conseil, une suggestion, ça passe et ils peuvent même être le bienvenus! Mais une intervention, WTF? I couldn’t agree more. Même avant d’avoir des enfants, j’aurais partagé le point de vue de l’auteur. Et vous?

« Please don’t help my kids », s’adresse aussi à ceux qui tentent de toucher mon enfant devant moi sans ma permission parce qu’il est mignon, du high-five à la main sur la tête en passant par la chatouille sur le bras; qui touchaient ma bédaine pendant la grossesse, particulièrement celles que je ne connaissais pas!; qui me disent comment je devrais élever mon enfant, ce qu’il devrait manger, quand et comment, quand il devrait faire la sieste, les jeux qu’il devrait pratiquer ou pas, etc, parce que c’est comme ça qu’on fait et que je ne fais pas bien ça. Toutes ces personnes entrent dans la même catégorie, mais les mots me manquent pour la décrire. Vous avez des idées?

Une berceuse (1) : La tête en gigue

Dimanche, j’ai vu un enfant de 9 mois se mettre à rire aux éclats au son de la voix de sa mère. Ça m’a ému. La connexion entre les deux êtres, à ce moment précis, par le chant, m’a bouleversée. Du coup, j’ai réalisé que je ne chante pas beaucoup à mon fils. La seule chanson d’enfant que je chante à mon petit renard est Au clair de la lune. La seule. Je fredonne pourtant des centaines de chansons! Vous connaissez Le plus beau voyage, je l’apprendrai sans tarder. J’ai décidé de m’y mettre.

C’était pendant le retour à la maison ce soir, dans le métro. J’écoutais justement Claude Gauthier transmettre la vie. Je l’ai écouté en boucle, quatre ou cinq fois. Puis, J’ai la tête en gigue. Puis voilà. Une berceuse. Lire la suite

Suit up and game on!

J-1. Demain : retour au travail. OMG. « Suit up and game on! », comme on dit.

Suit up

Après toute une journée de magasinage avec l’amie K, et avec les suggestions recueillies via sur Facebook et Twitter, la question se pose toujours : où donc les femmes se procurent-elles leurs tailleurs ?! J’ai beau vouloir « suiter up », encore faudrait-il que je puisse mettre la main sur un suit !

Ce n’est pourtant pas si compliqué, non ? Je possède dans ma garde-robe beaucoup de noir, de blanc et de couleurs vives. Je souhaite compléter le look professionnel avec deux tailleurs, un gris et un bleu marine, avec des chemises, ainsi qu’avec quelques chandails et camisoles destinés à être portés sous les vestons. On s’entend que ce n’est pas une liste particulièrement complexe ou longue, en plus de quoi je suis très ouverte aux motifs, imprimés, couleurs, etc.

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