Tout un tabac

J’ai récemment célébré mon anniversaire. Cet écueil m’a fait penser à toi et à l’anniversaire de notre relation. De fil en aiguille, j’ai beaucoup réfléchi. Je t’écris cette lettre parce que c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour te dire ce que j’ai à te dire. C’est très important. Tu t’assieds?

Nous sommes ensemble depuis 20 ans déjà, t’en étais-tu rendu compte? Depuis deux décennies, tu es à mes côtés pour partager mes joies et m’épauler dans les épreuves. C’est plus de la moitié de ma vie! Tu m’as accompagnée dans toutes mes plus grandes décisions et aventures: quitter ma Montréal natale pour réaliser mes études universitaires à Sherbrooke et m’installer dans mon premier appartement, voyager au bout de monde, faire le saut en politique puis prendre la décision d’en sortir, acheter ma première maison, accueillir mes deux magnifiques garçons dans ce monde, le PetitRenard puis le BébéTigre, et alouette! Tu m’as soutenue à travers les ruptures et les séparations, les décès, les blessures et les remises en question, et j’en passe. Lire la suite

L’épuisement professionnel, ou se sentir cassée en mille morceaux

À compter de demain, je n’aurai plus de cellulaire, plus du tout. On pourra me joindre par tous les autres moyens technologiques de l’heure, incluant le téléphone fixe à la maison. Exit les textos et les réponses instantanées!

De deux choses l’une : oui, j’ai encore un téléphone fixe à la maison. Ensuite, la réponse à la question qui vous chicote : je n’ai pas changé de travail. Je suis en arrêt de travail pour épuisement professionnel. Ma tâche principale et essentielle en ce moment est de prendre soin de moi.

Ah! Ça fait du bien de le dire! Ça fait déjà un mois que je suis à la maison, et l’horizon de mon retour au travail n’est en ce moment qu’un vague concept. Je rends donc l’appareil associé à la fonction, le temps de recharger mes propres batteries et de recoller les morceaux de mon petit coeur et de mon esprit. Il y a trois semaines, je n’aurais jamais pu envisager d’écrire, encore moins de publier, ceci. Une chose est constance chez moi toutefois : je continue de m’assumer. J’ai encore honte de m’être rendue si bas, de n’avoir pas pu prévenir cela, mais je n’ai pas honte de dire que ça m’est arrivé.

Je préfère de loin l’expression « épuisement professionnel » en français à son équivalent anglais « burnout »; je trouve que ça rend davantage justice à la réalité du phénomène. Le très inadéquat diagnostic de « trouble d’adaptation » reconnu médicalement par l’Organisation mondiale de la santé donne l’impression que la victime est la seule responsable de son sort alors qu’il est admis que les causes environnementales sont aussi au coeur des causes de ce grand mal du 21e siècle.

Je suis extrêmement chanceuse d’être aussi bien entourée. D’être relativement bien connectée sur mes émotions. D’avoir appris à poser mes limites, même si cette fois-ci je les ai clairement dépassées. Parce que grâce à tout ça, j’ai peut-être frôlé la dépression, mais j’ai su voir tous les drapeaux rouges levés sur mon chemin pour éviter de me confronter à cet ardu dessein.

Il y a des journées horribles, où je reste roulée en boule dans le fond de mon lit. Il y a des meilleures journées, où je réussis à prendre plaisir à cuisiner, à marcher, à m’occuper de mes enfants toute seule. Entre les deux, il y a le difficile laisser-aller, la culpabilité de me sentir un fardeau pour mon mari et mes proches, le défi de paraître tenir le coup pour mes enfants. Au quotidien, il y a la confiance minée, la compétence remise en doute, l’incapacité à envisager l’avenir et même à profiter de ce premier véritable temps d’arrêt depuis mon entrée sur le marché du travail voilà 20 ans ; il y a aussi la peur de l’inconnu, la peur d’être jugée, les convictions profondes ébranlées, la connaissance de soi questionnée.

Il n’y a pas de place pour la pitié ici. La compassion, l’empathie et le respect sont les sentiments que je cherche à nourrir moi-même et envers moi-même. Si je suis encore prise dans le tourbillon de la situation et que je me sens encore dépassée, je ne peux qu’avoir confiance qu’il s’agisse d’une bénédiction déguisée. Si je ne vois pas de lumière au bout du tunnel, je sais que cette noirceur ne sera pas éternelle. En fait, très honnêtement, je suis brisée – les jambes sciées, le coeur émietté, l’esprit explosé. J’ai besoin de temps pour me réparer et recoller tous mes morceaux, pour me retrouver. Je vais commencer par laisser tomber toute cette poussière d’éclats de moi, puis m’y retrouver. Et me relever. Le reste viendra en temps et lieu.

Je vous laisse avec une lecture fort éclairante au sujet de l’épuisement professionnel et cette définition élaborée en 1985, par Freudenberger et North :

« [L’épuisement professionnel] est un affaiblissement et une usure de l’énergie vitale provoqués par des exigences excessives qu’on s’impose ou qui sont imposées de l’extérieur: famille, travail, amis, relation amoureuse, système de valeurs ou société, qui minent nos forces, nos mécanismes de défense et nos ressources. C’est un état émotif qui s’accompagne d’une surcharge de stress et en vient à influencer notre motivation, nos attitudes et notre comportement. »

Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, plus de 25 % des travailleurs québécois subissent un haut niveau de stress chaque jour. Qui plus est, 40 % des réclamations pour incapacité au travail sont liées à un problème de santé mentale (source). Enfin, j’ai été surprise de découvrir la quantité de textes sur le sujet, au hasard de recherches, sur le Huffington Post. Ça vaut le détour.

Peace out. Pis toutte.

 

(Source de l’image: Technologia.fr)

La vie, un cri à la fois

Le 10 septembre est la Journée mondiale de la prévention du suicide. Voilà bien un fléau dont il faut parler sans gêne à l’année longue, mais faire le point sur ce sujet malheureusement trop tabou une fois l’an n’est pas de trop.

À l’échelle mondiale, on compte un million de suicides et dix millions de nouveaux endeuillés chaque année. Au Québec, le suicide est la cause de trois décès par jour. En 2009, ce sont 1068 personnes qui se sont enlevé la vie et des milliers d’autres qui ont été affectées par un deuil douloureux.

Cette année, l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) a lancé une belle initiative: un blogue dont les billets visent à contribuer à la prévention du suicide. Une des agentes de mobilisation de l’AQPS m’a contactée pour me demander de contribuer. (Je la connais pour avoir eu le privilège de la côtoyer, elle aussi, collègue au sein du (feu) Conseil permanent de la jeunesse.)

Mon billet sur le blogue de l’AQPS —–> La vie, un cri à la fois

N.B.: J’y cite Pauline Julien. Sur ma page Facebook, une amie se questionne sur ce choix. J’avoue candidement que j’avais oublié que Pauline Julien s’était enlevée la vie. Mea culpa. Sa mort est associée dans mon esprit à la maladie dont elle souffrait: l’aphasie dégénérative. Cela rappelle le débat sur  sur la question de mourir dans la dignité

Les jeunes, paresseux? Pfffffffffff.

Beaucoup pensent que l’Institut du Nouveau Monde fait du pelletage de nuages. Plusieurs n’ont jamais fréquenté ne serait-ce qu’une seule de ses activités. Peu sont impliqués comme je le suis depuis des années au sein d’une des principales activités de l’INM, son École d’été, et peuvent attester que d’aucuns qui affirment de telles inepties parlent à travers leur chapeau. En effet, je suis animatrice et mentor à l’École d’été de l’INM depuis… 2007. Et c’est reparti à compter d’aujourd’hui! Comme le temps passe vite. Après une pause l’été dernier à cause de mon énorme bedaine, me voici de retour cette année pour mon plus grand bonheur. J’y retourne parce que les centaines de jeunes qui participent à l’École d’été me donnent confiance en notre relève, m’inspirent et me gonflent d’énergie. Cette initiative bien de chez nous, et de renommée internationale, démontre que nos jeunes sont vifs, critiques, impliqués et confiants en l’avenir. Paresseux? Pfffffffff. Lire la suite

C’est le temps des… vacances?!

En ce splendide dimanche matin, nos premières vacances en familles sont officiellement commencées En direct de La Tuque, en route vers Péribonka, je pense à vous. Avant de quitter pour une semaine, je vous laisse sur un éditorial enflammé! Lire la suite

Je ne me « câlisse » pas du coeur de ma vie

En plein Forum mondial de la langue française, une première dont tous se pètent les bretelles, nous devons admettre que nous sommes en guerre pour assurer la survivance de notre langue. Et bien au-delà, pour qu’elle vive de toute sa vigueur, qu’elle s’épanouisse de toute sa richesse, qu’elle vibre de toutes ses couleurs. Lire la suite

Le plus beau voyage

En ce jour de la Saint-Jean-Baptiste, Fête nationale du Québec, un mot sur une chanson qui m’habite, me hante, me fait vibrer. Le plus beau voyage, de Claude Gauthier. Un pan de notre identité, un morceau d’anthologie et une parcelle de notre avenir.

C’est plus fort que moi. Je ne peux m’empêcher cette tournure de phrase étrange: je suis cette chanson. Je la suis et je l’est un peu davantage avec chaque écoute.

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