Les jeunes, paresseux? Pfffffffffff.

Beaucoup pensent que l’Institut du Nouveau Monde fait du pelletage de nuages. Plusieurs n’ont jamais fréquenté ne serait-ce qu’une seule de ses activités. Peu sont impliqués comme je le suis depuis des années au sein d’une des principales activités de l’INM, son École d’été, et peuvent attester que d’aucuns qui affirment de telles inepties parlent à travers leur chapeau. En effet, je suis animatrice et mentor à l’École d’été de l’INM depuis… 2007. Et c’est reparti à compter d’aujourd’hui! Comme le temps passe vite. Après une pause l’été dernier à cause de mon énorme bedaine, me voici de retour cette année pour mon plus grand bonheur. J’y retourne parce que les centaines de jeunes qui participent à l’École d’été me donnent confiance en notre relève, m’inspirent et me gonflent d’énergie. Cette initiative bien de chez nous, et de renommée internationale, démontre que nos jeunes sont vifs, critiques, impliqués et confiants en l’avenir. Paresseux? Pfffffffff.

En fait, je dois l’avouer, même à mes débuts avec l’INM, je trouvais que l’École d’été faisait un peu dans le pelletage de nuage: une Grande déclaration qui « proclame les principes et les valeurs qu’ils souhaitent promouvoir à l’échelle mondiale [et]  vise à éveiller l’acteur de changement en chacun et à susciter l’engagement », (source) ça fait un peu « tarte aux pommes », non? À voir des centaines de jeunes de partout sur la planète, réunis dans une université pour échanger, créer et débattre, ça m’a bouleversée. Amendements, sous-amendements, ordres de parole, analyses en profondeur, argumentation raisonnée plutôt que par positions, vocabulaire précis et recherché: le niveaux des débats étaient franchement impressionnant pour des jeunes de 16 à 22 ans. Les acquis indélébiles du fonctionnement d’une assemblée délibérante, de la négociation, de l’art oratoire, de l’argumentation et de la structuration de la pensée ont fait grandir ces jeunes et ont ouvert leur esprit à de nouvelles possibilités. En quelques jours, une Grande déclaration était née, invitant les jeunes et moins jeunes de partout à s’engager, volontairement, sans rétribution, sans attendre quoi que ce soit d’autre en retour que la fierté de poser des gestes pour contribuer à améliorer leur milieu. Puis, tous les participants de tous les parcours se rassemblent dans une grande assemblée citoyenne, aussi festive que philosophique et engagée, pour partager dans toute la force de leur créativité affirmative le fruit de leur travail. Tout ça, à l’ombre de la rentrée scolaire – ce qui revêt un caractère singulier cette année. Pour certains, voilà de la tarte aux pommes. J’étais dorénavant convaincue qu’il s’agissait là d’un nid particulièrement fécond d’espoir et d’action positive pour notre société, rempli de jeunes prêts à déployer leurs ailes pour un Québec meilleur.

Qu’on vienne me dire que nos jeunes sont paresseux et qu’ils cherchent à faire la belle vie. C’est éminemment effronté, empli de démagogie populiste et surtout, surtout, une démonstration flagrante d’une déconnexion complète d’avec la jeunesse du Québec. Quand on regarde les jeunes de l’extérieur, qu’on ne comprend pas leurs préoccupations, leurs craintes et leurs rêves, il est facile de la traiter à tord de tous les noms. La jeunesse du Québec que je connais, moi, que je vois travailler, apprendre et grandir tous les étés depuis cinq ans, c’est une jeunesse fébrile de prendre sa place, qui passe aux actes chaque jour, dans toutes les décisions qui s’offrent à elle et dans tous les défis que lui lance la vie.

À compter d’aujourd’hui et jusqu’à samedi, je serai animatrice principale du parcours « À go, on change le monde! – Développement de projet » en entreprenariat social qui offre aux jeunes entrepreneurs sociaux du mentorat de haut niveau leur permettant de fixer les derniers détails préalables au lancement de leur entreprise. Oui, pour ceux qui se le demandent, une entreprise sociale a le droit de faire de l’argent; les entrepreneurs sociaux se donnent simplement comme mission de redonner à leur communauté, de s’y impliquer.

Pogne-culs, nos jeunes? Entreprenants, impliqués dans leur milieu, se donnant les moyens de réaliser leurs rêves, créatifs, audacieux, novateurs. Moi, je suis fière d’eux.

Mise à jour du 17 août : Parlant de jeunes qui ne sont pas paresseux et qui se prennent en main, j’aurais dû faire un lien avec Force Jeunesse et les Rencontres Maîtres chez vous. Une autre belle initiative inspirante!

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