4 septembre 2012 : Un jour historique pour la reconnaissance de l’égalité entre les femmes et les hommes

En cette ère nouvelle qui s’amorce dans la politique québécoise, je me permets de vous partager la conclusion d’une analyse de la presse écrite des rapports de sexe en travail social effectuée en 2010. Aux yeux de l’immense mobilisation populaire du printemps Québécois, vous me permettrez de saluer cette grande dame, Mme Pauline Marois, première ministre du Québec.

(Extrait de l’Analyse du discours actuel de la presse écrite – Pauline Marois, décembre 2010)

Conclusion

L’analyse du discours actuel de la presse écrite a permis d’étayer la manière dont les médias de la presse contribuent à consolider les rapports de force entre les sexes, les classes sociales et les cultures. L’auteur a clairement démontré la force réactionnaire qu’ils représentent à l’encontre du progrès social, de l’égalité entre les femmes et les hommes et des mouvements sociaux qui luttent contre leur oppression. Si la mobilisation populaire ne doit pas s’articuler par l’entremise des médias de masse, il importe donc de comprendre comment articuler l’action collective afin d’éviter les pièges relayés dans cette analyse. À ce titre, l’auteur juge utile de rappeler la dialectique profonde de l’universel et du particulier dans le singulier :

D’une part, l’identité se différencie dans un processus de division interne pour actualiser toutes ses potentialités et ses configurations singulières; d’autre part, la différence cherche à se dépasser dans un universel plus riche et plus concret. (Jouthe, 1993, p. 11)

La quête perpétuelle du sujet à advenir de lui-même étant universel, l’auteur pressent cinq axes d’interventions sociales qui pourraient permettre de surmonter le défi du « plafond de verre » pour toute femme politicienne. Bien que l’issu pour Pauline Marois soit largement tributaire de l’importance qu’accorderont les acteurs au prêt-à-penser des médias de masse vis-à-vis l’expression de leurs propres valeurs et idéaux politiques comme citoyens, tout succès éventuel résidera dans la capacité du Parti Québécois à se mobiliser afin qu’il soit solidement organisé aux classes populaires.

Tout d’abord, si le sondage CROP-La Presse de juin 2005 reflétait bien la réalité et que « 88 % des Québécois appuyaient l’idée qu’une femme dirige le Québec » (Radio-Canada, 2005), le système des acteurs doit « reconnaître les causes sociopolitiques » des iniquités fondées sur le genre (p. 245) [1]. Cette reconnaissance implique « d’éliminer les fausses dichotomies » entre les hommes et les femmes – pourtant exacerbées par les médias –, et seule une mobilisation sociale peut contrecarrer l’influence notable qu’ils exercent [2]. Pour y parvenir, le système des acteurs doit mieux expliciter la complémentarité de la personnalité de Pauline Marois, c’est-à-dire entreprendre « une éducation politique » sur les rapports de sexe où le principe de base est que « le privé est politique » (Ibid.) [3]. Certains diront qu’ils jugeront l’arbre à ses fruits, or bien que pragmatique, j’avance que la dynamique structurelle des rapports de force transcende les acteurs et les aveuglent au point où ils ne peuvent pas reconnaître ce qu’ils ne s’autorisent pas à voir. Ceci revient à dire que la transformation sociale doit amener les acteurs à « renommer les expériences de vie et les situations psychosociales » (Ibid.) afin qu’ils reconnaissent et questionnent le sexisme dans le champ social multirelationnel [4]. Pour les soutenir, la dialectique des rapports de sexe permet de postuler que les acteurs reconnaitront les traits traditionnellement « féminins » de Pauline Marois tels que « la coopération, la collaboration, le partage, la sensibilité, l’écoute » (Préjean, 1994, p. 47). Le dialogue pourra alors susciter des questionnements à l’égard de la subordination voir la négation des traits dits « masculins » de sa personnalité dans le discours public [5]. L’objectif étant d’amener les sujets-acteurs sociaux à dépasser le carcan de l’idéologie patriarcale promue subrepticement par les médias de masse.

Au demeurant, la démarche vers le XVIe Congrès national en avril 2011 offre de belles opportunités pour la société québécoise de se distancer de l’historicité des rapports de sexe. À cet égard, souhaitons qu’une éventuelle mobilisation populaire saisisse l’importance de « valoriser les processus autant que [les résultats] », car seule cette approche permettra de « reconceptualiser le pouvoir », en l’occurrence son leadership, non pas « comme un moyen de domination, mais plutôt comme une prise en charge de l’action » (p. 246). Le Québec n’a pas besoin d’un sauveur, il possède amplement les capacités de se définir et d’agir avec les collectivités. Les défis sont certes nombreux pour Pauline Marois si elle ne veut pas être victime du « plafond de verre », mais à l’instar d’autres discriminations fondées sur le genre comme l’hétérosexisme et l’hétéronormativité, seule une mobilisation large et concertée des acteurs sociaux pourra permettre à la valeur fondamentale que représente l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec d’être un principe juridique incarné dans l’espace sociopolitique. Tout compte fait, seule cette garantie favorisera l’expression d’une saine vie démocratique où tous pourront aspirer, en fonction de leurs compétences, à guider l’action collective.

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