Sa mère

Les moments où on réalise qu’on est comme sa mère. Il y a la génétique, comme la longueur des jambes ou la petitesse des mains (qui vient du côté paternel dans mon cas mais bon…), la physionomie générale. Mais ça va plus loin. La manière d’accoucher? Je n’ai fait aucune recherche et je ne prétends absolument pas à la généralisation de mon histoire (un autre billet que je n’ai pas encore écrit, où je raconterai qu’il m’est arrivé pratiquement la même chose que ma mère: la grossesse parfaite a fini en césarienne), mais c’est quand même marrant, non?!

Et puis il y a tout le reste. L’attitude, face à la vie et l’adversité, face à la maternité surtout. Les réflexes. Les perceptions. La réactivité. La sensibilité. Faut pas se le cacher, la mère est l’agent de socialisation numéro uno pour la plupart des gens dans la majorité des sociétés. Pourtant, dans la littérature et dans l’univers de la grossesse féerique destinée à la future maman qui flatte sa bedaine en buvant une tisane au pays des pouliches, on répète comme un mantra lobotomisant que « c’est normal de ne pas vouloir répéter les erreurs de sa mère et de vouloir faire mieux qu’elle ». Qu’on l’écrive dans des Larousse et qu’on le dise publiquement dans des cours prénataux m’horripile.

Minute, papillon! Avec tous les mauvais plis que nous avons pris et reproduits au fil de temps, nos petits défauts de fabrication et notre identité unique, si nous sommes les enfants de nos parents et voués à subir une socialisation fulgurante, nous sommes d’abord et avant tout dotés d’intelligence et capables de nuance.

Chaque rencontre avec de tels propos, j’ai la nausée. C’est physique. Je deviens presque mauvaise. De deux choses l’une.

J’imagine qu’il y a des situations, « des cas », où sa mère à fait des erreurs flagrantes. J’ose toutefois espérer qu’il s’agisse d’exceptions; les statistiques me donnent raison. Abus, abandon, violence, rock’n’roll et pauvreté et j’en passe : ces histoires ne sont pas « normales » en ce sens qu’elles ne sont ni la norme, ni souhaitables, ni n’est-il souhaitable qu’elles deviennent la norme. Dès l’or, comment peut-on dire qu’il est « normal » de vouloir faire mieux que sa mère?!

À l’autre bout du spectre, comment une femme élevée dans une situation familiale pas-parfaite-mais-pas-infernale peut-elle proférer de telles absurdités, aussi mesquines que rancunières, inévitablement blessantes, à l’égard de sa mère? Ça me dépasse. C’est admettre qu’on est un échec que de dire que ça de sa mère non?

Quant à moi, c’est tout l’inverse. If I can be half the mother my mom was (and is!) to me and my siblings, I’ll be the proudest. Je n’idéalise pas ma mère; elle n’est pas parfaite. Je relativise : elle a toujours fait de son mieux avec la main que la vie lui a donnée et en assumant ses choix. Être mère, c’est exercer le boulot le plus exigent du monde. Ma mère a fait des sacrifices. Elle a espéré qu’on réussisse là où elle estime avoir échoué, elle a rêvé que nous réalisions nos rêves et à porté nos rêves à bout de bras. Elle m’a enseigné une valeur fondamentale: me respecter et m’aimer moi-même, d’abord et avant tout, pour pouvoir prendre ma place de manière positive et contribuer au monde à la hauteur de mes capacités et de mes aspirations.

Je trouve qu’elle a réussi : je suis un assez bon produit. ;) Ma mère est du même avis, puisque aujourd’hui, elle est fière de ses enfants. Je le sais parce qu’elle nous le dit.

*  *  *  *  *

Et la semaine passée, toute ma petite famille est allée chez mon frère cadet, rencontrer le plus jeune membre de sa famille : Filleul, 1 semaine. Chéri et moi avons apporté le souper (notre fameuse sauce à spaghetti à la saucisse italienne et de tous aussi célèbres muffins aux bananes, canneberges et chocolat pour la famille (mais surtout pour ma belle-sœur, la nouvelle maman). Ma mère était passée la même journée voir son petit-fils tout neuf; elle a apporté des muffins aux dattes et bananes…

Je ne veux pas être meilleure que ma mère. Je ne veux pas non plus devenir ma mère. Je suis qui je suis, et je suis fière d’où je viens.

Je suis fière d’être la fille de ma mère. Elle le sait parce que je lui dis, mais on ne dit jamais assez ces choses, comme on ne dit jamais assez je t’aime.

Ce qui me rend le plus fière, et ce qui m’impressionne et m’inspire le plus, c’est que malgré toutes les chicanes, les portes claquées, les angoisses nocturnes pendant que sa fille est dans les bars ou Dieu-sait-où, malgré la distance pendant les études universitaires, les divergences idéologiques, ma mère est aujourd’hui une de mes plus grandes amies. Malgré toute cela, ou peut-être grâce à toutes ces épreuves que nous avons surmontées. Dans un cas ou dans l’autre, ma mère a toujours été là pour moi. Sa résilience, Sa patience et son amour ont contribué à faire de moi la femme que je suis.

Bonne fête des mères, Mom. Je t’aime. Et merci.

(continuer à) profiter de la vie et oser

Dire que le temps passe vite est un euphémisme. En rafale ? Ça a fait 1 an que je suis retournée au travail et déjà deux semaines que je panse mes plaies à la suite de la défaite de Pauline Marois (et la perte de mon emploi) au scrutin du 7 avril dernier. J’ai passé 40 jours à dormir 5 heures par nuit et à voir mon fils et mon mari deux fois par semaine. Ça fait 15 ans que j’ai quitté le Collège, 11 ans que j’ai quitté le nid familial. Ça fait 10 ans que je suis staffer politique, 9 ans que j’ai rencontré Chéri. Ça fait 2 ans que mon petit renard et vous êtes entrés dans ma vie. Je viens d’avoir 32 ans.

Mon dernier billet remonte à 2013, au 14 décembre, précisément. Celui-ci traîne dans la boîte à brouillons depuis le 18 janvier 2014, précisément. C’est lamentable.

Dire que le temps passe vite est un euphémisme. Dire qu’on ne prend pas le temps est plus juste. J’en ai marre de ne pas avoir le temps de prendre le temps.

Dans la version originale de ce billet, j’apportais mon sujet en vous offrant des voeux de bonne année, même le 18 janvier. Le contexte est passé, mais l’objet initial de ce texte et son intention fondamentale demeurent : vous offrir mes meilleurs voeux, peu importe le moment de l’année.

C’est que, voyez-vous, je n’aime pas les résolutions de nouvelle année. Je n’aime pas qu’il faille utiliser le prétexte d’un moment donné pour faire un retour sur la précédente et réfléchir à la suivante. Je n’aime pas l’idée de limiter la portée ni la fréquence de cet exercice fondamental. Je crois que la vie s’écrit au quotidien au rythme de la rationalité limitée et du destin, avec une bonne dose d’instinct. J’allais surtout vous souhaiter la santé, puisque c’est tout ce qui compte vraiment, puisque sans la santé on peut difficilement profiter de la vie – et encore moins oser. La vie est un éternel recommencement, une boucle infinie d’apprentissages et d’essais-erreurs, une suite sans fin d’opportunités à saisir et de défis à relever. Surtout que les fameuses résolutions de la nouvelle année sont la plupart du temps oubliées dès les vapeurs d’alcool dissipées. Je refuse de soumettre mon itération personnelle à cette contrainte réductrice. Je préfère de loin tirer des leçons de toutes les tranches de vie du quotidien. Voilà, c’est dit. Alors, voici.

Si je n’avais qu’un seul voeu à formuler, pour chaque jour que la vie amène, c’est celui-là : oser. Mon vœu le plus cher, pour moi-même et tout un chacun, individuellement et collectivement : oser. Apprendre à le faire ou continuer à le faire. Aider autrui dans cette tâche. Chaque jour. Chaque fois qu’un obstacle se dresse sur notre chemin. Chaque fois que tout semble trop bien aller. Chaque fois qu’on se dit qu’il était temps que le vent tourne, qu’on mène une bonne vie ou encore qu’il n’y a rien sans rien, que what goes around comes around. Tout le temps. Apprécier, vivre et oser.

Il faut blâmer une de mes amies qui a posé cette question sur Facebook au retour des vacances des fêtes. Plusieurs rigolaient dans leurs réponses, mais ça m'a fait réfléchir.

Il faut blâmer une de mes amies qui a posé cette question sur Facebook au retour des vacances des fêtes. Plusieurs rigolaient dans leurs réponses, mais ça m’a fait réfléchir.
Elle a eu raison de poser la question – et elle a eu raison d’oser.
On peut désormais lire avec délectation son blogue et découvrir La Face cachée de la brune !

Je me suis réveillée un matin avec rien à faire, comme ça, pouf. Au lendemain d’une cuisante défaite électorale, oser, c’est tout ce que j’ai à faire. Je pourrais dire que je me retrouve devant rien : j’ai perdu mon emploi. Je me retrouve au contraire face à l’avenir : et l’avenir, c’est long. C’est un livre blanc dont les pages ne demandent qu’à être noircies, gribouillées, remplies de rêves et de projets. C’est une toile qui ne demande qu’à être peinte. Une piste de ski qui ne demande qu’à être dévalée. Une couverture à tricoter! (Oui, je me suis inscrite à des cours de tricot.) Je pourrais dire que je suis tombée et que je dois me relever. Je préfère regarder derrière moi avec la fierté du devoir accompli et de la mission réalisée, prendre un grand respir, et foncer la tête bien haute vers une nouvelle montage à déplacer.

Je pourrais m’abattre. Mais ça, je n’ose pas.

Presto! Une lecture digne du temps des Fêtes

Je me suis commandé un autoclave et autocuiseur en ligne la semaine passée: il est enfin arrivé. « Un quoi?! », vous demandez-vous. Un Presto, le vrai de vrai, pas les modèles au goût du jour qui ne font pas la moitié du travail qu’abat l’original et dont la durée de vie est incomparable. Capacité liquide de mon Presto: 21,8 litres (23 quarts); capacité de bocaux Mason pour faire les conserves dans l’autoclave: 24 pots demi-chopines oui 20 pots chopines ou 7 pots pintes. C’est pas de la petite bière!

En fait, c’est Noël avant Noël pour moi. Et je vous laisse pour poursuivre ma lecture de la soirée.

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Oh joie!
Pis toutte.

5 principes de la cuisine québécoise : merci Jehane Benoît! (suivi)

J’étais toute fière de cuisiner des fèves au lard, pour la toute première fois de ma vie, suivant à la lettre la recette « du boulanger » de Jehane Benoît. Sujet étrange s’il en est un, mais digne d’intérêt à mon avis puisque patrimonial et culturel sur deux plans : la recette et son auteure. Vous n’avez pas été nombreux à cliquer sur le lien vers la recette; j’espère que je saurai vous intéresser davantage à cette grande dame de la cuisine québécoise, entrepreneure, avant-gardiste. Cuisiner une recette de Jehane Benoît est donc une excuse pour vous parler de la grande contribution de cette femme que j’admire.
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Je m’assume : c’est Noël à l’année dans mon coeur

Au travail, je partage un bureau avec des collègues. Pour me faire plaisir, il choisit la musique de Noël sur Songza.  J’adore Noël. Oh oui. Fébrilité hivernale dans mon cœur et anticipation grandiose du temps des fêtes. Cher collègue, merci pour ce moment tendre.

Ça m’a rappelé la conclusion d’un échange sur Twitter, il y a quelques semaines, où je me fais accuser de croire au Père Noël. Entre les lignes, je me fais accuser de rêver en couleurs.

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Justement. Non seulement j’ai le droit de croire au Père Noël, mais j’y crois *encore* au Père Noël et je n’ai *jamais cessé* d’y croire. Et je vais vous dire pourquoi: parce qu’au-delà du mythique personnage, le Père Noël, le vrai de vrai, est la personnification de valeurs auxquels j’adhère et que je souhaite transmettre à mes enfants. Bon, dans mon univers de socialisation, on parle du Père Noël, mais ça pourrait très bien être un autre personnage. L’important n’est pas le personnage, comme ce n’était pas l’échange sur Twitter, mais le message et son objectif, comme le démontre la conclusion dudit échange.
  • Faire le bien, parce que rien ne se crée et rien ne se perd, ou parce que what goes around comes around. C’est assez clair dans les chansons de Noël, ça! He knows if you’ve been bad or good / So be good for goodness sake!
  • Donner généreusement et penser à ce qui fera plaisir aux autres. Noël, c’est recevoir des cadeaux, mais c’est surtout les offrir! Les enfants mettent un moment à comprendre cela, bien entendu, mais l’apprentissage de la générosité se fait par mimétisme, comme pour tout le reste…
  • Prendre le temps. Ceux qui n’aiment pas Noël vivent le temps des fêtes comme une corvée: il faut aller voir la famille, faire des cadeaux, se garrocher dans les magasins, payer une fortune pour le plus récent gadget, etc. Non! Pour moi, le temps des fêtes est un moment pour prendre le temps d’être avec ceux qu’on aime – et prendre le temps de leur dire.

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Une soirée extraordinaire à deux premières

Mesdames, messieurs,

Ce n’est pas peu fière que je vous annonce que Chéri et moi avons lancé la réalisation simultannée de deux premières en une seule et même soirée.

(Et les deux items n’ont absolument aucun rapport entre eux, et c’en est marrant.)

Roulement de tambours………..

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