Quatre ans

Mon PetitRenard a eu quatre ans la semaine passée! 4 ans…

48 mois.
208,7 semaines.
1461 jours.
35 064 heures, ou environ 1000 semaines de travail!
2 103 840 minutes.
126 230 400 secondes.

Ça dépasse l’entendement.

Depuis la moitié de sa vie, on ne compte presque plus son âge en mois – 24 mois. Et définitivement plus à compter de 36 mois. Dans notre cas, c’est allé avec la taille des vêtements et ça fait déjà longtemps qu’on porte des tailles en « ans ». Mais je ne serais pas prête à en arriver à 5 ans malgré cela! Chaque chose en son temps. (Ah, comme on y revient. Inlassablement.)

Pour le moment, le jalon que nous vivons m’émeut et me rend fière. Ce n’est pas seulement l’anniversaire de la naissance de notre PetitRenard; c’est aussi celui de ma parentalité et de celle de Chéri; c’est derechef celui de notre nouvelle vie ainsi que celui de la fondation de notre famille. C’est ça, la marque de l’aîné? Lire la suite

Sa mère

Les moments où on réalise qu’on est comme sa mère. Il y a la génétique, comme la longueur des jambes ou la petitesse des mains (qui vient du côté paternel dans mon cas mais bon…), la physionomie générale. Mais ça va plus loin. La manière d’accoucher? Je n’ai fait aucune recherche et je ne prétends absolument pas à la généralisation de mon histoire (un autre billet que je n’ai pas encore écrit, où je raconterai qu’il m’est arrivé pratiquement la même chose que ma mère: la grossesse parfaite a fini en césarienne), mais c’est quand même marrant, non?!

Et puis il y a tout le reste. L’attitude, face à la vie et l’adversité, face à la maternité surtout. Les réflexes. Les perceptions. La réactivité. La sensibilité. Faut pas se le cacher, la mère est l’agent de socialisation numéro uno pour la plupart des gens dans la majorité des sociétés. Pourtant, dans la littérature et dans l’univers de la grossesse féerique destinée à la future maman qui flatte sa bedaine en buvant une tisane au pays des pouliches, on répète comme un mantra lobotomisant que « c’est normal de ne pas vouloir répéter les erreurs de sa mère et de vouloir faire mieux qu’elle ». Qu’on l’écrive dans des Larousse et qu’on le dise publiquement dans des cours prénataux m’horripile.

Minute, papillon! Avec tous les mauvais plis que nous avons pris et reproduits au fil de temps, nos petits défauts de fabrication et notre identité unique, si nous sommes les enfants de nos parents et voués à subir une socialisation fulgurante, nous sommes d’abord et avant tout dotés d’intelligence et capables de nuance.

Chaque rencontre avec de tels propos, j’ai la nausée. C’est physique. Je deviens presque mauvaise. De deux choses l’une.

J’imagine qu’il y a des situations, « des cas », où sa mère à fait des erreurs flagrantes. J’ose toutefois espérer qu’il s’agisse d’exceptions; les statistiques me donnent raison. Abus, abandon, violence, rock’n’roll et pauvreté et j’en passe : ces histoires ne sont pas « normales » en ce sens qu’elles ne sont ni la norme, ni souhaitables, ni n’est-il souhaitable qu’elles deviennent la norme. Dès l’or, comment peut-on dire qu’il est « normal » de vouloir faire mieux que sa mère?!

À l’autre bout du spectre, comment une femme élevée dans une situation familiale pas-parfaite-mais-pas-infernale peut-elle proférer de telles absurdités, aussi mesquines que rancunières, inévitablement blessantes, à l’égard de sa mère? Ça me dépasse. C’est admettre qu’on est un échec que de dire que ça de sa mère non?

Quant à moi, c’est tout l’inverse. If I can be half the mother my mom was (and is!) to me and my siblings, I’ll be the proudest. Je n’idéalise pas ma mère; elle n’est pas parfaite. Je relativise : elle a toujours fait de son mieux avec la main que la vie lui a donnée et en assumant ses choix. Être mère, c’est exercer le boulot le plus exigent du monde. Ma mère a fait des sacrifices. Elle a espéré qu’on réussisse là où elle estime avoir échoué, elle a rêvé que nous réalisions nos rêves et à porté nos rêves à bout de bras. Elle m’a enseigné une valeur fondamentale: me respecter et m’aimer moi-même, d’abord et avant tout, pour pouvoir prendre ma place de manière positive et contribuer au monde à la hauteur de mes capacités et de mes aspirations.

Je trouve qu’elle a réussi : je suis un assez bon produit. 😉 Ma mère est du même avis, puisque aujourd’hui, elle est fière de ses enfants. Je le sais parce qu’elle nous le dit.

*  *  *  *  *

Et la semaine passée, toute ma petite famille est allée chez mon frère cadet, rencontrer le plus jeune membre de sa famille : Filleul, 1 semaine. Chéri et moi avons apporté le souper (notre fameuse sauce à spaghetti à la saucisse italienne et de tous aussi célèbres muffins aux bananes, canneberges et chocolat pour la famille (mais surtout pour ma belle-sœur, la nouvelle maman). Ma mère était passée la même journée voir son petit-fils tout neuf; elle a apporté des muffins aux dattes et bananes…

Je ne veux pas être meilleure que ma mère. Je ne veux pas non plus devenir ma mère. Je suis qui je suis, et je suis fière d’où je viens.

Je suis fière d’être la fille de ma mère. Elle le sait parce que je lui dis, mais on ne dit jamais assez ces choses, comme on ne dit jamais assez je t’aime.

Ce qui me rend le plus fière, et ce qui m’impressionne et m’inspire le plus, c’est que malgré toutes les chicanes, les portes claquées, les angoisses nocturnes pendant que sa fille est dans les bars ou Dieu-sait-où, malgré la distance pendant les études universitaires, les divergences idéologiques, ma mère est aujourd’hui une de mes plus grandes amies. Malgré toute cela, ou peut-être grâce à toutes ces épreuves que nous avons surmontées. Dans un cas ou dans l’autre, ma mère a toujours été là pour moi. Sa résilience, Sa patience et son amour ont contribué à faire de moi la femme que je suis.

Bonne fête des mères, Mom. Je t’aime. Et merci.

5 principes de la cuisine québécoise : merci Jehane Benoît! (suivi)

J’étais toute fière de cuisiner des fèves au lard, pour la toute première fois de ma vie, suivant à la lettre la recette « du boulanger » de Jehane Benoît. Sujet étrange s’il en est un, mais digne d’intérêt à mon avis puisque patrimonial et culturel sur deux plans : la recette et son auteure. Vous n’avez pas été nombreux à cliquer sur le lien vers la recette; j’espère que je saurai vous intéresser davantage à cette grande dame de la cuisine québécoise, entrepreneure, avant-gardiste. Cuisiner une recette de Jehane Benoît est donc une excuse pour vous parler de la grande contribution de cette femme que j’admire.
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Défoncer les portes

Mon petit renard voue une fascination sans borne aux portes. Les ouvrir, les fermer, en tourner les poignées; vider les armoires et s’y cacher pour mieux en sortir et faire coucou, ses petits doigts dans l’entrebâillement de la porte trahissant sa présence.

couvre-poignée-de-porte

Chéri et moi avons remarqué cette semaine qu’à la garderie chaque porte est désormais protégée par un couvre-poignée. Nous spéculions à la blague que c’était à cause de notre petit renard. J’ai donc posé la question ce matin en allant le reconduire. Et bien, c’est effectivement le cas! Sa passion inépuisable pour les portes a forcé un changement à la garderie.

Pour se venger, il empile les boîtes, les bacs, les tapis de jeu devant la porte et y grimpe dans l’espoir de réussir à ouvrir la porte. Ces aventures se soldent parfois dans le rire du jeu taquin, parfois dans la frustration de l’échec. Impressionnées par l’habileté l’ingéniosité et la détermination de leur « petit ingénieur », les éducatrices me relatent les faits en riant! Et la mère, pas peu fière.

Défoncer les portes et être un facteur de changement, dès 18 mois. Pis toutte.

Le plus beau voyage

En ce jour de la Saint-Jean-Baptiste, Fête nationale du Québec, un mot sur une chanson qui m’habite, me hante, me fait vibrer. Le plus beau voyage, de Claude Gauthier. Un pan de notre identité, un morceau d’anthologie et une parcelle de notre avenir.

C’est plus fort que moi. Je ne peux m’empêcher cette tournure de phrase étrange: je suis cette chanson. Je la suis et je l’est un peu davantage avec chaque écoute.

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