Le ras-le-bol de casseroles

J’en parlais la semaine dernière: Line Beauchamp, Michelle Courchesne, même combat – celui de Jean Charest pour l’augmentation des frais de scolarité. La condescendance de l’approche globale, la spin horrible sur la démission de Line Beauchamp et la mauvaise foi dans le blitz de négos ont précédé le coup de gueule de la loi 78. C’est partie remise aujourd’hui, les négociations reprenaient à 14h. À suivre. En attendant, dans la catégorie «Espérons-pas-si-inutile mais nécessaire»: faites du bruit!

Samedi, c’était le baptême de mon fils. Après le barbecue dans le jardin, pour lequel nous avions loué un haut-parleur de manif, il nous a fait le plus grand bien de joué à fond la caisse le désormais classique et ô combien prophétique Libérez-nous des libéraux en tapant sur nos casseroles. Mes trois nièces de trois ans s’en donnaient à cœur joie, sous l’œil attendri et fier de leurs parents et oncle et tante. À Ahuntsic, ça marche tous les soirs avec des casseroles, un concert égayé par notre trompette, en direct du balcon, alors qu’on vient de coucher Fiston.

Parce que c’est peut-être-inutile-de-manifester-mais-espérons-que-non, et que c’est absolument nécessaire-de-participer-à-la-démocratie-et-pas-juste-dans-les-manifs, on se défoule sur nos casseroles chaque soir et sur Internet aussi souvent qu’on veut à casseroles78.com. En attendant les élections générales…

Les cols bleus, les cols blancs, toutes les écoles confondues
Faut se ruer dans la rue, au printemps comme une crue
Faire éclater notre ras-le-bol, une débâcle de casseroles
Trêve de paroles, faites du bruit!
Un charivari pour chavirer ce parti, comme en Argentine, en Bolivie
D’un pôle à l’autre, c’est un constat continental :
À bas le bulldozer libéral !

Libérez-nous des libéraux!, Loco Locass (paroles, vidéo)

*I can* believe it’s not butter. Et vous?

À la suite de la démission de Line Beauchamps comme ministre de l’Éducation et députée de Bourassa, trois questions se posent.

1. Mais qui donc démission avec un si grand sourire? Condescendance, arrogance, je n’en sais que trop rien, mais c’est franchement dérangeant.

2. Dans son point de presse, Line Beauchamp a sans conteste abusé du mot personnellement ne porte-t-il pas à croire que la décision n’est pas trop personnelle? Comme dans «trop, c’est comme pas assez», je n’y crois pas trop. La question se pose et génère la suivante.

3. Line Beauchamp, Michelle Courchesne, même combat: Jean Charest? Je veux dire, tout le monde le sait que le dégel des frais de scolarité est un combat personnel de Jean Charest, une mission qu’il s’est fixée. Après l’échec de plusieurs de ses projets chouchou, comme la réingénierie de l’État, il ne lâchera pas le morceau, d’autant plus que les étudiants, et les jeunes de manière générale, ne sont pas une clientèle «naturelle» du PLQ – ni même une clientèle qui l’intéresse. Même s’il est ministre responsable de la Jeunesse.

L’intention de spin de ce point de presse est tellement manifeste que ça me prendrait un temps fou à contrer chaque ligne avec les arguments et les faits contraires. Mais c’est possible, et si bébé n’était pas en train de se réveiller, j’aurais un vilain plaisir à réaliser cet exercice. Lire la suite

Concours « Créateurs d’avenir » : mon coup de coeur

Le concours Créateurs d’avenir – le top 25 de la relève au Québec est une superbe initiative du journal Les Affaires: «mettre en valeur les jeunes leaders les plus prometteurs», les 40 ans et moins qui se démarquent par leur leadership, leur créativité et leur dynamisme. Ce concours attribuera quatre bourses mais sélectionnera 25 jeunes dont le profil sera publié dans Les Affaires. Vision, leadership, créativité, réalisations, engagement dans la communauté : voilà les cinq critères de sélection qui guideront les délibérations du jury. Les internautes sont aussi appelés à voter pour une candidature « Coup de cœur » qui se verra décerner le premier prix.

Une belle visibilité pour les jeunes de tous les horizons qui s’impliquent dans leur milieu – et pas juste dans le milieu des affaires. Du moins, c’est ce que l’on ose espérer. À première vue la plupart des candidats ont un profil d’affaires. En fouillant, on se rend compte qu’il n’y a pas que le business qui stimule le démarrage d’entreprises. Il y a quelques entrepreneurs sociaux dans le lot, dont un que je connais et qui mérite que vous fassiez sa connaissance : Guillaume Lavoie, directeur exécutif de Mission Leadership Québec et du Collège Néo-classique. Lire la suite

Gros jambons

Ok, sérieusement, une émeute à Victoriaville?! C’est pas le Québec, ce ne sont tellement pas les Québécois, ce n’est simplement pas québécois de se battre comme ça, à la limite de la guerre civile. Le déchirage de chemise en public, la fameuse « chicane », le pétage de coche en règle, oui, c’est dans notre très latin tempérament. Mais ça?! Non. Ça ne passe pas.

Je n’entrerai pas dans les spéculations de « c’est la faute à la SQ » ou « c’est la faute aux manifestants ». Visiblement, chacun a sa part de blâme. Je décernerai cependant deux prix « Gros jambon » avec mention spéciale de « tu fais un effort pour être aussi jambon, parce que ça n’a aucun sens être jambon comme ça». Je ne me ferai pas d’amis avec ce billet, qui ne récoltera sans doute pas beaucoup de commentaires, mais ça fait trop mal, il faut que ça sorte. Et je sais que vous êtes ô très nombreux à partager mon opinion; je me sacrifie pour la cause. Montée de lait en règle contre les gros jambons de tous les horizons. Lire la suite

Un 22 avril mémorable

C’est aujourd’hui, le 22 avril. C’est aujourd’hui qu’à l’invitation de nos artistes doit être créé le plus grand arbre jamais vu, un arbre humain, c’est à l’écoute de l’appel de notre cœur que nous nous y rendrons. La Place des festivals n’aura jamais aussi bien porté son nom qu’en ce 22 avril qui se promet mémorable. Non mais, Frédérick Bach qui plante un arbre avec nous, faut le faire, bravo pour la symbolique et le geste concret à la fois! J’en suis émue.

À Montréal. Au Québec. À la face du Canada et du monde entier, nous nous tiendrons debout, déterminés à exprimer notre différence, fiers d’appartenir à la terre, respectueux de nos origines, confiants en l’avenir parce que confiants en notre capacité collective de changer son cours – d’maginer un avenir meilleur, qui fleurisse d’espoir. Lire la suite

Pourquoi je participerai à la manifestation nationale contre le dégel des frais de scolarité

Je n’ai pas beaucoup de temps aujourd’hui, mais j’estimais primordial de prendre quelques minutes pour vous dire pourquoi je participerai à la manifestation nationale contre le dégel des frais de scolarité, demain, le 22 mars, à Montréal. Je n’entrerai pas dans l’argumentaire (j’aurai aimé mais le temps presse, bébé oblige); je suis d’ailleurs davantage praticienne que théoricienne. Je m’en tiendrai donc à ce qu’il y a au plus profond de moi: mon espoir d’un Québec meilleur. Parce qu’à travers une éducation accessible, c’est pour cela que nos parents se sont battus et ont créé le système d’instruction gratuit et les universités publiques. Pourquoi certains retournent aujourd’hui leur chemise de bord? Lire la suite

La fin du monde est à 7 heures

Hier matin, la Une du journal Le Devoir m’a vraiment déprimée. Non mais quels gouvernements pourris nous avons! Le très Canadian Harper songe, à toutes fins pratiques, à abolir la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE), puisqu’il souhaite enlever l’obligation des promoteurs d’examiner la valeur comparative des alternatives moins polluantes à un projet donné. Dans un autre ordre d’idées tout aussi fédératif, le ministre de la Justice du Québec, Jean-Marc Fournier, se résigne à construire au Québec, avec l’argent des Québécois, les prisons exigées par l’adoption à Ottawa du projet de loi C-10; il avait promis de ne pas payer, il avait promis de s’opposer (mais avec quel rapport de force?), il promet maintenant de protéger les adolescents de ce projet de loi qui vise la punition plutôt que la réhabilitation — mais avec quel rapport de force?, pouvons-nous demander derechef. Le Plan Nord ne serait pas rentable et le gouvernement Charest fait aussi la sourde oreille dans le dossier des frais de scolarité. Franchement, c’est déprimant. À Québec comme à Ottawa, nos élus nous ignorent. Lire la suite